aimer
aimer, une épreuve créatrice
L’amour a tenu la première place dans la vie personnelle et professionnelle de Marie-Christine Descouard. Dans Le Printemps de la grâce, elle choisit Marie-Madeleine qui « avait tout connu de l’amour ». On pense souvent que l’amour n’est qu’une histoire de couple, ou d’enfants à aimer. Or il convient de l’étendre à tout le vivant. « C’est un dépassement de soi, un miroir constant. »
L’amour met à l’épreuve, il engage une fidélité à soi-même et aux autres. Elle en fait une philosophie proche de celle de Gandhi : le bonheur de chacun dépend de celui des autres. Dans sa carrière, elle en tire une éthique : « Les buts ne justifient pas les moyens. » Aimer, c’est résister, donner, créer.
Comment la dimension de l’amour a-t-elle débordé dans votre vie professionnelle, votre travail ?
MCD : J’avais trouvé du sens à ma vie, en découvrant cette dimension… Et c’est grâce à elle, avec elle que je réalise finalement mes rêves… lentement mais sûrement ! Ce n’est pas un choix confortable, mais il y a tellement de surprises, souvent belles, donc réconfortantes ! Ça a du sens, voyez-vous… Comme ce personnage du Printemps de la Grâce, j’ai beaucoup appris de l’amour, je constate qu’aimer met à l’épreuve, si on l’accepte entièrement, et ça engage une fidélité à soi-même, à ses rêves.
Comment cela s’est-il révélé dans votre vie de tous les jours et dans vos choix ?
Je n’agis véritablement que lorsque les choix s’imposent à moi, je suis une lente, qui se fie surtout à ce qu’elle ressent… Mais j’avais de beaux exemples de vies qui m’impressionnaient et me guidaient depuis très longtemps, c’étaient Gandhi, Luther King notamment. Et quelle cohérence entre leur vie et leur œuvre ! Je suis très sensible à cela ! Ils ont résisté, créé, donné… C’est cela aimer, non ? De la bienveillance amorcée envers moi d’abord, élargie aux autres peu après, j’ai largué lentement le poids du jugement, armée de bonne volonté ! Du coup la tâche ne me paraît plus insurmontable, et elle se simplifie de jour en jour.
Cela déborde-t-il sur votre travail artistique ?
Oui vraiment. Il bénéficie présentement d’une inspiration nouvelle, très agréable ! La loi d’amour est peu ou mal vécue… Peut-être parce qu’elle est peu ou mal considérée ! Cette phrase de Van Gogh me réconforte et me nourrit souvent : “Il n’y a rien de plus artistique que d’aimer les gens !”
L’autre est-il un vrai miroir ?
Absolument !