jouer

jouer, comme un enfant

La vocation de comédienne s’impose dès 1969, lorsque Marie-Christine Descouard va au Café de la Gare. « Je les vois jouer, je me dis : c’est ça que je veux faire et rien d’autre. » Dans ce lieu anarchique et inventif, elle apprend la liberté. Patrick Dewaere résumait : « À partir du moment où on a son propre théâtre, eh ben, on les emmerde… » 

Pour Marie-Christine Descouard, le jeu est lié à l’enfance : « Nous autres acteurs disons “aller jouer” lorsque nous allons travailler. Est-ce parce que nous nous autorisons à redevenir des enfants ? » Jouer, c’est chercher une vérité.

D’où est venue votre envie de jouer ?

MCD : Elle a surgi d’un choc, lorsque je suis entrée dans le déjà célèbre Café de la Gare… Dès que j’ai vu et entendu la troupe en scène…

Ce lieu, construit par les acteurs, m’apparaît comme un lieu de grande invention, plein d’un charme ineffable. On s’y autorisait tout : faire tourner une roue comme celle des roues des foires d’autrefois pour décider du prix d’entrée pour le spectacle (ou de sa gratuité…), faire une bataille de coussins déposés sur les sièges des futurs spectateurs avant le spectacle, sortir la lance à incendie du théâtre lorsque les spectateurs venaient s’écraser sur la porte extérieure, en verre ! Et aussi l’utiliser, pour éviter l’accident !

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L’Étrangleur s’excite (Naggar, Rochefort, Marielle, Anconina, Le Coq)

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Avec Patrick Dewaere dans Les Semelles de la nuit (de R. Bouteille)

Et à l’intérieur ces panneaux devenus célèbres comme :
On voit bien partout, on entend bien partout, on a mal au cul partout !” et d’autres…

C’est dans ce joyeux désordre que j’ai appris la scène, auprès de magnifiques acteurs dont certains ont choisi de devenir célèbres…

Ce désir de jouer sur une scène, ou sur un plateau de cinéma, n’est-il pas lié à l’enfance ?
Sûrement. On renoue avec cette belle énergie… enfantine ! Comme l’envie, le désir, le besoin de RIRE, d’ailleurs…

Et puis le plaisir prend sa place, même s’il faut composer avec l’incertitude, et la confrontation avec la nécessaire invention, créatrice !

Le plaisir aussi de jouer avec de magnifiques partenaires, pour moi : Belmondo, Teri[e]ff, Delon, Rochefort, le grand Marielle, et puis Bouteille notamment dans “La plus gentille”, au théâtre de l’Atelier à Paris.

Lorsqu’ils deviennent des complices, c’est du bonheur !

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Le Professionnel (Lautner)

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Jouer, c’est chercher une vérité.

Riquet (Jean Périssé, B. Le Coq, 2016)

Filmographie

  • 1976 : Le Graphique de Boscop de Sotha et Georges Dumoulin : Marguerite Valence
  • 1976 : Le Locataire (The Tenant) de Roman Polanski : une amie de Stella
  • 1981 : Le Roi des cons de Claude Confortès et Wolinski, avec Francis Perrin : Sophie Labranche
  • 1981 : Le Professionnel de Georges Lautner : Doris Frederiksen
  • 1983 : Une jeunesse de Moshé Mizrahi, avec Michael Lonsdale : Nicole
  • 1983 : Le Battant d’Alain Delon : Clarisse
  • 1984 : Joyeuses Pâques de Georges Lautner : Melle Fleury
  • 1986 : Paulette, la pauvre petite milliardaire de Claude Confortès : Lola
  • 2004 : Une romance italienne (L’amore ritrovato) de Carlo Mazzacurati : Mère de Maria
  • 2014 : Avant l’orage de Guillaume Fovet-Camprasse : La Femme (court-métrage)
  • 2014 : Un avenir radieux de Xavier Delagnes : Laurence Darabie (court-métrage)
  • 2019 : Riquet, le songe de Naurouze de Jean Périssé : Madame Riquet
  • 2021 : Climat de Guillaume Fovet Camprasse : La tante (court-métrage)
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Le Roi des cons (1981)

Théâtre

  • 1973 : La Manœuvre dilatoire de Romain Bouteille, avec Daniel Berlioux
  • 1974 : Les Semelles de la nuit de Romain Bouteille (troupe du Café de la Gare)
  • 1975 : Le Graphique de Boscop de Sotha (troupe du Café de la Gare)
  • 1976 : Petite princesse indécise de Sotha 
  • 1977 : Une pitoyable mascarade de Romain Bouteille (troupe du Café de la Gare)
  • 1978 : La plus gentille de et avec Romain Bouteille (Théâtre de l’Atelier)
  • 1979 : La Dame au slip rouge, le « Don Juan » de Romain Bouteille (troupe du Café de la Gare)
  • 1979 : Le Philanthrope de Hampton, Terzieff, Fagadau
  • 1980 : Les Robots ne sont pas méchants de Sotha (troupe du Café de la Gare)
  • 1982 : L’étrangleur s’excite d’Eric Naggar (mise en scène de Jean Rochefort) : Georgetta Cornflakes
  • 1991 : Pleins feux de Mary Orr (mise en scène de Eric Civanyan, avec Line Renaud)
  • 1991-2011 : Le Printemps de la grâce de Marie-Christine Descouard
  • 2003 : Elles sont toutes folles de Sylvaine Jaoui (mise en scène de Carole Jolinon)
  • 2014-2015 : Olympe, réveille-nous !, adaptation du texte d’Olympe de Gouges par M-C Descouard avec Nicole Rieu (création au Théâtre Essaïon, Paris)
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Le Printemps de la Grâce (en Alsace).