écrire
jouer
rire
aimer
écrire
Vie et travail s’organisent-ils ainsi pour vous : écrire, jouer, rire aimer ?
MCD : J’ai toujours écrit depuis l’enfance. Mais il y a eu un moment précis où mon métier d’actrice a débordé, vers l’écriture. Ce fut l’attirance vers un personnage, historique et biblique, figure d’amour et d’épreuve, celui de Marie-Magdeleine, qui accepta de faire basculer totalement sa vie, puis de “fille de joie” condamnée par la société s’éleva pas à pas vers le statut de Sainte ! Me sentant prête pour me retrouver seule en scène, ce désir se transforma en un monologue, celui de ce parcours de vie, extra-ordinaire. Il fut ensuite interprété dans divers lieux, pendant plusieurs années. Des églises et des parvis, des théâtres, des prisons même à Montpellier et à Aix en Provence (Luynes)… Et ce texte, au contact du public, s’est révélé universel….
jouer
Votre vocation s’impose en 1969 lorsque vous pénétrez dans l’étrange théâtre pas “comme les autres”, à Paris : le Café de la Gare. Dans ce lieu, vous découvrez tout ce que vous aimez : une salle étonnante construite par les acteurs, un jeu radicalement différent, un mélange de genres… bref, une liberté d’action, de pensée, de jeu.
MCD : Oui, tout ça… et cette liberté entraînait une fluidité qui maintenait le public dans une écoute d’une grande qualité. Et les rires, intenses, chaleureux ! En voyant ces acteurs-là jouer j’ai pensé : c’est ça que je veux faire, jouer comme eux ! Nous autres acteurs, disons “aller jouer” lorsque nous allons travailler. C’est beau, non ? Et il suffit bien de “jouer pour de vrai”, comme le disent les petits enfants…
rire
Au Café de la Gare vous avez découvert le pouvoir inattendu de “faire rire” ?
MCD : Ce talent m’enchantait chez les autres. Il semblait m’appartenir désormais…
Quel bonheur ! Alors le rire est devenu une aventure essentielle ds ma vie… Et pourtant il n’a rien de facile ; il est fait d’une alchimie subtile. C’est en fait une “affaire” sérieuse, les grands humoristes le savent… Il peut alors devenir une vraie
joie, et une arme réelle !
aimer
Aimer : est-ce si difficile ?
MCD : Personnellement, j’ai dû apprendre ! Je n’y étais pas vraiment… L’écriture m’y a aidé. Surtout j’ai commencé à découvrir et à travailler sur le personnage de cette Marie Madeleine, ce qui deviendrait mon premier ouvrage. Cette femme avait tout connu de l’amour… Et en avançant dans l’expérience de son vécu, j’ai perçu qu’il est beaucoup un dépassement de soi, qu’il met à l’épreuve ! Dans ma propre vie j’en ai fait le lent apprentissage en m’appuyant sur la vie et l’œuvre d’hommes comme Gandhi, ou Luther King. Leur existence était étroitement liée à celle des autres, elle n’était pas égoïste, bien au contraire. Du coup, dans ce métier d’actrice j’ai mis naturellement en pratique cette affirmation de R. Bouteille : les buts ne justifient pas les moyens. Aimer est devenu finalement : résister, créer, donner… Et cela m’a demandé discernement et fermeté !!
Une éthique ?
Oui, c’est vrai. Mais accompagnée par l’esprit, l’esprit du Rire ! Le rire, le propre de l’homme, non ?